Mardi 2 septembre 2008

Une entrée rapide pour apporter mon soutien plein et entier à la décision d'Antoine de proposer notre ami Marc - ze blogueur politique influent - comme Premier s'crétaire du Parti Socialiste.

Ridicule ? Non, pas du tout... Enfin pas plus que le PS lui-même, et ses écuries qui barbotent dans un verre d'eau (voir : c'est im-bi-ta-ble quand ils causent de leurs disputes internes... où est le fond du débat ???).

Il faut d'autres regards, d'autres idées, d'autres approches au monde, bref repartir à zéro, libéré du passé, de l'histoire, des éléphants et leurs éléphantaux.

Alors oui, mettons-y un type qui n'en vit pas, un amateur, qui se coltine le quotidien social dans son quotidien à lui. Il dira des conneries - selon la dhoxa dominante ? Ben au moins elles seront fraîches et vraies !!!

Et puis bon, tiens, s'il détrône un jour Sarko, hein, ben... comme c'est un vieux pote, ben moi aussi, comme Clavier, je pourrai m'amuser à faire limoger tel ou tel haut fonctionnaire !!! Tremblez énarques !!!!

Voila. Alors, faîtes passer !

Bonne journée.

Par Nick - Publié dans : A la recherche de la gauche perdue - Communauté : Social-démocratie
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Mardi 2 septembre 2008


Alors, bilan rupin de ce début de semaine...

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Si ta maison subit une invasion de sauterelles (parce qu'on n'habite pas tous en Corse...), tu as le droit de demander à l'Elysée le limogeage du directeur départemental des Affaires sociales ou de l'Agriculture (au choix et selon ton bon coeur).... à condition que tu sois riche, célèbre et ami de Sarko. Autrement, ben... j'sais pas, pleure quoi, salaud de pauvre inconnu.

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A droite et au MEDEF (pléonasme, je sais), on nous dit qu'il faut supprimer l'Impôt Sur la Fortune (ISF), sinon les riches se barrent en Belgique, à Bruxelles, chez moi. Et vive l'Europe "sociale", na !

Alors, certes, ce n'est pas une démarche citoyenne que de voter ainsi avec ses pieds comme les royalistes qui émigrèrent aux temps de la Révolution. C'est moche, hein ? Alalala... De quoi en faire une motion au PS pour se "révolter contre l'injustice"!

Mais c'est comme ça dans la vie réelle. C'est même toute la beauté cynique de "l'aléa économique", qui fait que même les républicains puritains américains sauvent des banques dont les dirigeants ont fait n'importe quoi pour s'en mettre plein les fouilles, afin d'éviter un krach qui toucherait en bout de course les banques restées "saines" et ruinerait encore plus l'économie américaine (et donc mondiale)... La prime au ruffian, quoi, qui est en général en haut de l'echelle sociale, pas en bas...

C'est injuste, donc. Ben ouai, mais c'est comme ça. Car il n'y a pas de justice sociale naturelle en économie, il n'y a que la loi du plus fort et la nationalisation des déficits. D'où le besoin d'un Etat fort, français ou européen ou poldave, on s'en fout, qui évite qu'un territoire devienne une jungle (mais c'est un autre débat, on en parlera une autre fois).
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Non ? Vous ne me croyez pas ? Vous pensez que là, on tient le bon bout de la "réforme" ? Tenez, déclammez ceci: "les salariés français veulent plus de pouvoir d'achat sinon ils se barrent en Belgique"... Mouai... Ca l'fait pas, hein ? Que voulez-vous, un salaud d'pauvre en plus ou en moins en France, on s'en balance. Et puis en général c'est leur usine que l'on déclocalise: ça va plus vite et ça coûte moins cher.

CQFD

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Sur Libé.fr de ce 2 septembre, sous l'interview de Parisot (MEDEF) demandant donc la disparition de l'ISF, il y avait cet encart de pub Google:



Oui, même sur Libé, les rupins parlent aux rupins ...

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Libé édition papier (j'suis un fan du support papier, mon côté gauchiste-réac' je suppose) de ce jour nous rapporte une bête et belle phrase de Fillon: "La France est un des pays parmi les pays développés qui a la taxation du capital la plus faible".

Ben oui, et si on y ajoute le "paquet fiscal" de 15 milliards, ben sont pas trop à plaindre nos pôôôvres rupins. Raison de plus... pour leur en donner plus, en déplaçant les charges vers le bas, afin de grimper au "hit-parade" mentionné par Fillon. Car enfin, pour une fois que la France peut être première dans quelque chose dans le Monde, ce serait trop con de passer à côté... Non ?

Allez, à vot' bon coeur salauds d'pauvres !


Bonne journée.
Par Nick - Publié dans : Politiquement français - Communauté : Social-démocratie
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Lundi 1 septembre 2008

J'ai un collègue devenu ami, grec, de droite. Coco, qu'on le nomme.

Il a 20 balais de plus que moi. Je l'ai recruté il y a quelques années de ça. Il débarquait alors, après un gadin commercial en Allemagne, d'un Zaïre Mobutisé devenu Congo où il fit ses dents de businessman, dans un monde d'enmerdes et d'embrouilles, de démerdes et de débrouilles; où le matabish (le pot de vin local) est roi; où survivre n'est déjà pas simple, alors vivre bien... un exploit.

Un vrai poème Coco. Sa vie pourrait faire l'objet d'un roman, qui, outre les contrées sauvages susmentionées (mais non, pas l'Allemagne), passerait par Alexandrie, le quartier de Plaka aux pieds de l'Acropole, une synagogue, et s'échouerait sous les douceurs de Corfou, l'île aux fleurs. Et que dire de sa découverte à près de 60 ans, dans mon équipe, d'une "administration moderne", de l'informatique ("Patrrron, ça dans la brousse ça n'existe pas") et ses acronymes débile ("Mais il est idiot CPM"... qui est un  système, pas une personne...), la hiérarchie, l'Europe, ou la dictature de la Loi ("On ne matabishe pas ici Patrrrron ?").
Il est devenu un pilier de mon équipe, avec cette sagesse de ceux qui ont vécu à la dure et ne doivent rien à personne, et le relativisme de ceux qui en ont vu d'autres; mais aussi un "père", un confident, enfin plein-plein de choses avec sa tronche à la Luciano Benetton - car le grec vieillisant est toujours beau avec ses cheveux blancs sur peau mate.

C'est mon "Coco", quoi.

Et il est de droite.... Et alors ? Où est le problème ? Depuis que je suis de gauche - et ai fait mon stage chez les socialos du Nord et à l'UNEF-ID à mes tendres 18 ans,  j'ai compris que la connerie se partageait équitablement entre les deux camps, sans oublier le centre pour ne pas facher Baille-Roue. Il est de droite et moi je suis de gauche, c'est tout, et on s'en fout.

Et on en rigole, même. Car comme il est de droite, le Coco, et bein il me taquine c'te vilain, en me vouvoyant d'un "Vous" ramenant la gauche mondiale à ma pauvre personne, en blagant sur la gauche française, sur "la" Royale, sur "le fromage de" Hollande (il n'a pas compris que nous on l'appelle Flamby...). Et of course, il vante Sarko dès qu'il en fout plein la tronche à la gauche. Bref, il s'amuse et c'est vrai qu'il y a d'quoi…

 

Et en retour ? Bein moi je le chambre en lui parlant de rêve de voir la Turquie adhérer à l'Union (ah les vieilles rancoeurs...), je l'accuse d'être un colonel grec, mais surtout je lui explique que ses copains de Neia Democratia (l'UMP grec, pour faire simple) sont des voleurs. "Voleurrrrrrs, Coco, voleurrrrrrs !!!" que je lui dis.

 

Vous croyez que ça le trouble c't'accusation ? Non. Sa réponse est toujours la même "Autant que vous, mais nous, on ne fait que déplacer la richesse comme le disait Mobutu".

 

A droite, on déplace la richesse… Bein il croyait pas si bien dire, non ? Car qu'est-ce qu'il vient de nous faire Sarko ? Un (nouveau) déplacement de solidarité fiscale.

Il nous avait d'abord menacé de faire financer le Revenu de Solidarité Active pour les plus pauvres des français par... les moins pauvres d'entre eux, pendant que les heureux contribuables soumis à l'Impôt Sur la Fortune bénéficiaient, eux, du bouclier fiscal, de la diminution des tranches d'imposition et de la quasi-disparatition des droits de sucession - sans compter la compassion de TF1. 

Mais bon ça faisait sans doute "trop" de  la part de celui qui prétendait tirer le pouvoir d'achat vers le haut avec les dents, et qui n'a à ce jour que tiré son propre salaire vers le haut en souriant.

Alors il s'est ravisé: finalement il ne déplace cette solidarité fiscale que vers la masse des épargnants, c'est à dire les plus riches des pauvres ou les plus pauvres des moins riches, c'est selon vot' bon coeur. En d'autres termes nos fameuses classes moyennes.
Alors c'est mieux, quand même. Enfin je veux dire que ça fait moins "tâche" sur notre "République sociale" qui fout le camps. Tiens même Libé a applaudit, dans un premier temps du moins, soulignant en plus, et comme Le Monde, un certain génie tactique...

Pauvreté du débat, hein ? Comme si la solidarité entre français relevait de la tactique politique, autre nom du vice... Car derrière ça, au final on sait où sont les gagnants de deux ans de déplacements fiscaux: là-haut, tout la-haut. Et on sait qui sont les perdants: ceux qui, en bas, payent à leur place les factures de la solidarité nationale, où ceux encore plus bas dont les factures de solidarité sont dorénavant refusées faute de crédit. Car la banqueroute guette, sauf à penser que comme le nuage de Tchernobyl (tiens déjà sous la droite...), la crise des subprimes allait s'arrêter aux belles frontières de la France. Or c'est simple l'économie. Très.

 

Alors oui, oui, ouiiiiiiiiiiiiii, il a raison Flamby,  c'est injuste socialement. C'est de droite, ça, typiquement. Na !

 

Mais dans le même temps, voyez-vous, tout ça là...ben... allez, j'ose, je me lâche.... ça me fait hurler de rire ! 

Car dans le lot de ces épargnants empapaoutés, dans cette classe moyenne, ben il y a aussi le grand flot des parvenus, de nos ex-soixante-huitards prétentieux, embourgeoisés et devenus cons à force comme le chantait Brel, qui ont voté Sarko pour protéger leurs pognon sous couvert de philosophie sociale nordico-libérale ou de géopolitique sur le péril islamiste. Un peu comme les gars de Canal + se moquant de la World Company via les Guignols, mais hurlant contre Messier à cause de la chute du cours de leurs actions Vivendi
.
 

Et puis dedans, y a aussi tous ces prolos oublieux de leurs origine, les bons beaufs qui pètent plus haut que leurs culs parce qu'ils ont trois sous de côté, qui pensent "en être", eux, parce que TF1 et Jean-Pierre Pernaud leur font partager les "soucis" de ceux qui vomissent leurs thûnes tellement qu'ils en ont, et qui donnent des leçons à ceux qui ne s'en sortent pas.

Oui, les voilà bien cocus tous ces types qui ont voté pour la loi et l'ordre contre ceux d'en dessous… et qui finalement payent pour l'ordre dans la loi voulue par ceux d'au-dessus, tout là-haut-là-haut, là où ils n'iront jamais, sauf s'ils gagnent au Lotto (qui alimente les caisses vides de l'Etat).
 Parce que noyé dans la moyenne des situations, il y a aussi la médiocrité des consciences et des âmes. La sous-classe dans la classe, quoi, mais sans LA classe....

 

Alors vous voyez, finalement, j'l'aime bien not' Sarko, et je comprends mon Coco: parce qu'il est caricaturalement – vulgarité comprise – de droite, certes; mais surtout parce que lui, les cocus, comme les cons, il ne les laisse jamais se reposer. Quel talent !!!

Bonne journée.

Par Nick - Publié dans : Politiquement français - Communauté : Social-démocratie
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Jeudi 28 août 2008
Récapitulatif géopolitique du mois d'août:

- reconnaître comme Etat indépendant un territoire sécessioniste d'un Etat pro-occidental (tiens, la Géorgie par exemple) est une violation du droit international si l'Occident ne le reconnaît pas de son côté. De là à en déduire que c'est l'Occident qui dit le droit international au monde entier...

- les systèmes anti-missiles américains qui vont être installés en Pologne visent à protéger les Etats Unis et l'Europe d'une attaque des Papous de Nouvelle Guinée, pas de la Russie. S'ils étaient installés Cuba, il seraient par contre considérés comme menaçant les USA, pas la Jamaïque (ce qui rassurera les amateurs de reggae, de oinjs et de sprint)...

- l'OTAN n'est pas une alliance dirigée contre la Russie. La preuve, c'est qu'elle n'en est pas membre...

- des soldats français sont morts en Afghanistan, parce que nous avons décidé d'aider les USA à lutter contre l'islamisme radical... Mais qui sont les apprentis sorciers qui ont propagé ce virus à partir de la fin des années 70 pour lutter contre l'Empire Soviétique, du Proche et au Moyen Orient, de l'Algérie à l'Afghanistan ? Indice: c'est pas la France... mais elle aide à nettoyer.

- Bernard Kouchner est un grand Ministre des Affaires Etrangères. Non, non, non, là j'blague...

Bonne journée.
Par Nick - Publié dans : Et le Monde, dans tout ça ? - Communauté : Les blogs citoyens
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Lundi 25 août 2008
.... avec les italiennes. Très dure ! Le reste ? Que du normal ! ;op



Bonne journée.
Par Nick - Publié dans : Politiquement français - Communauté : Social-démocratie
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Mardi 12 août 2008
Oula... Ca f'sait longtemps... De retour. Pas de vacances lointaines, non, non. De retour de mes explorations en moi - mais mon "moi", ses dérives, ses joies et ses peines, ce n'est pas l'objet de ce blog, y'en a un autre (ici) pour ça.

Non. De retour, j'ai envie de papoter du Proche-Orient, suite à une séquence vidéo que j'ai vue pendant cette période. "Oulala, que vous allez m'dire, le Proche Orient ? Mais c'est pas l'actu, Lulu. Là pour l'instant c'est la baston entre russes et géorgiens dont il faut qu'on cause sévère..."

Peut-être. Mais pas maintenant. Une autre fois, tiens à l'occasion d'un article sur l'Homme blanc occidental (vous, moi, nous) qui brâme devant un Monde qui lui échappe de plus en plus alors qu'il pensait que l'Histoire était finie depuis 1989. Une autre fois. Pas maintenant.

Car ce qui me hante, c'est ça, là, en-dessous....




Voila. Que dire ? Un officer (lieutenant-colonel ?) présente, du bout des doigts, un manifestant palestinient menotté dans le dos et les yeux bandés, devant un soldat qui s'éloigne pour se mettre en position. Le soldat vise, puis échange rapidement avec l'officier (il doit lui demander s'il peut y aller, à moins qu'il ne le prévienne qu'il va tirer...), revise, et tire une balle en caoutchouc (ouf...) sur la jambe du manifestant.

Voila. Alors on dira - et Tsahal le dit - qu'il manque des scènes, que l'on ne sait pas ce que ce manifestant a fait, etc. Sans doute. Certainement même. Enfin, ce que l'on sait c'est qu'il manifestait contre ce Mur de la Honte, pseudo-sécuritaire, par lequel Israël annexe de facto des territoires palestiniens,  ce Mur condamné par la justice internationale.... A-t-il fait un scandale ? Sans doute ? A-t-il jeté des pierres ? Certainement. Et alors ?

Car ce qui est clair, c'est qu'un civil menotté, de toute évidence passif à cet instant T, c'est à dire n'opposant aucune résistance, se fait tirer dessus de sang-froid par un soldat aux ordres d'un officer , devant d'autres soldats et policiers. Car ce n'est PAS une bavure, hein ? Ce n'est pas un trouffion qui perdrait les pédales et se mettrait d'un coup à tirer dans tous les sens, façon Baruch Goldstein à Hébron il y a 15 ans. NON ! L'officier lui présente le bonhomme, il vise,  il discute, il revise, il tire, et personne ne lui saute dessus pour le maîtriser. Il agit sur ordre, ou en tous les cas avec l'aval d'un officer.

Alors je me fous de ce que peut en dire Tsahal quand à ce que ce palestinien et ses compagnons faisaient... Car il est clair qu'eux ne tiraient certainement pas sur les soldats car ceux-ci auraient alors eu leurs fusils chargés à balles réelles... Et l'on se serait dépéché de nous montrer l'arme de ce palestinien.

Ces images me font vomir. Comme cette guerre insupportable qui dure depuis 60 ans ... Elle est dans ma vie depuis mon adolescence, à la fois symbole de mon "tropisme pro-isrélien" (selon mes relations gauchistes) et de mon enfance arabe. J'en ai marre de ce conflit plein de mauvaise foi, où les arguments de sécurité masquent mal la simple volonté d'agrandir un territoire au détriment d'un autre peuple, en s'abritant tantôt derrière la bienveillante culpabilité d'un Occident traumatisé par la Shoah, tantôt sous l'étendard de la "Guerre contre le terrorisme" de Bush, cette wild card donnée à qui veut tirer un arabe mécontent de son sort...

Il y a des bombes en Israël  me direz-vous. Aaahhhh... Ben oui, il y en a, comme il y en eut d'origine juive du temps du Mandat britanique sur la Palestine, parce qu'il y a un peuple dont le territoire est occupé et les droits niés. Non ?

Non, ce serait trop simple...

Bonne journée... quand même.

Par Nick - Publié dans : Et le Monde, dans tout ça ? - Communauté : Les blogs citoyens
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Lundi 16 juin 2008

Les irlandais - pas leurs autorités, pas leurs élus, mais le peuple - ont donc dit non au Traité de Lisbonne, cette mouture technique du défunt projet de Constitution européenne.

Faut-il en être satisfait ? Je n'en sais rien: il y a dans le "non" tant de positions différentes, entre ceux qui sont attirés par un repli nationaliste, ceux qui ne veulent pas bouger, ou ceux, comme moi, qui veulent une autre Europe.
Non en fait, je n'en suis pas satisfait, bien que "noniste" en 2005: si l'on veut une Union Européenne démocratique, PAR et POUR les peuples, véritable espace démocratique dans lequel toutes les options politiques ont droit de cité et peuvent être mises en oeuvre, on ne peut pas plus être satisfait de ce "non" que d'un "oui"... parce qu'il est craindre que ça ne change rien.

Car c'est la même histoire qui recommence, déjà, cette abîme qui se creuse continuellement entre nos "élites à la mondialisation heureuse" et les peuples européens  - même Libé (sans July il est vrai) commence à pointer cet antagonisme, c'est dire. Cela va de la négation à la manière de mes collègues ("on continue la ratification"), au mépris pour le vote des irlandais façon Hortefeux ("1% des européens ne peut bloquer l'Europe"). Le fait que le seul peuple consulté ait rejeté cette proposition est ignoré ou mis de côté comme un simple incident non significatif. Et si on les consultait tous, pour voir ?

Oui, l'Europe continue à se faire SANS les peuples... et comme je l'indiquais dans mon ancien blog (ici et ), elle finit donc par se faire CONTRE eux. Parce qu'à force de louvoyer pour faire passer des textes, en ne les consultant pas quand on peut l'éviter, en stigmatisant ceux qui ne votent pas comme on le leur demande et en les faisant revoter jusqu'à ce qu'ils consentent enfin, que ce soit du temps de Maastricht pour les danois, Nice déjà pour les irlandais, et maintenant cette Constitution rejetée par les français et les néerlandais et réintroduite sous une autre forme "simplifiée", on en vient à accroitre la suspiscion des peuples quant à ce qu'on leur propose. Car enfin, les 3 dernière consultations populaires ont été négatives... Va-t-on continuer à faire comme si de rien n'était ?

Je suis pro-européen, et férocement même. Et pas uniquement parce qu'elle représente la moitié de ma vie d'enfant et de ma vie d'adulte. Sauf en matière de rugby (j'vous laisse le foot.. 1-4 ? Waow !!! Uhuhuhuh :op ) et de fromage (quand on a bon goût...), je choisis l'Europe contre la France. Indiscutablement.

Mais pas cette Europe de "ceux qui savent mieux que les autres ce qui est bon pour eux".

Pas cette Europe qui fait disparaître des compétences politiques car elle ne les transfère pas - il n'y a pas de pouvoir économique et fiscal démocratique européen, mais il y a une impossibilité légale ou de fait pour les Etats d'exercer ces compétences du fait du marché unique.

Pas cette Europe qui mesure son efficacité et sa vitalité à sa capacité à se développer plus, à intégrer plus, à démembrer plus, et non à ses résultats. Voyons nous du progrès social ? Y'a-t-il d'ailleurs progrès social lorsque l'on fixe le temps de travail à un maxima de 65 heures/semaine ? Qui ne voit pas l'assymétrie de croissance entre capitalet travail en Europe ?

Pas cette Europe qui interdit légalement toute politique autre que celle d'un centre-droit extrêmement modéré.

Pas cette Europe qui par ses récents élargissements est devenue un supplétif mécanique des Etats-Unis sur la scène internationale - la position européenne sur le conflit israélo-palestien et le Hamas, d'une bêtise crasse, en étant l'expression la plus parfaite.

Si l'adoption de la Constitution ou du mini-traité eut sans conteste amélioré le fonctionnement institutionnel de l'Union, ces deux textes - enfin un seul puisque c'est le même sous une forme différente, n'en déplaise à Sarko - ne sont pas nécessaire pour que l'Europe fasse bien ce qu'elle est supposée faire endéans les moyens qui sont les siens.

Alors, que faire ?

A Bruxelles ? Que l'Europe prenne le temps du travail et du débat, pour prouver l'efficacité des ses politiques, sa seule raison d'être - car on ne construit pas l'Europe pour l'Europe.

A Paris ? Que l'on cesse tout à la fois de la parer de toutes les vertus - Bayrou lors du référendum de 2005 "inventant" sur France Inter que la Constitution garantissait les 35 heures..., ou de tous les pêchés - le renvoi des routiers et marins-pêcheurs sur Bruxelles et sa TVA plutôt que de baisser la TIPP, déficits obligent (ici)...

Que l'on parle d'Europe vraiment et simplement
, sans avoir peur de dire ses défauts pour mieux mettre en exergue ses (plus nombreux)  avantages. Que l'on débatte de son utilité, de ses principes, de ses objectifs. Que l'on consulte les citoyens européen sur ça. Après tout, dans nos pays, en tous les cas en France, une Assemblée consituante chargée de rédiger un projet de constitution est une Assemblée élue, à l'issue d'une élection sur laquelle l'on débat d'orientations. N'est-ce pas celà, ce débat en amont, qui a cruellement manqué ?

Simplement. Car ce n'est pas aux peuple de reconquérir la confiance de leurs élites... C'est le contraire.

A la prochaine !

Par Nick - Publié dans : L'Europe, l'Europe, l'Europe - Communauté : Social-démocratie
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Vendredi 13 juin 2008

(c) Danielle Griepp - "NY under water"

Parce qu'il est des mots plus forts que les images - et ça tombe bien: j'ai le "verbe flémard" depuis quelques jours.

Et parce qu'il y a aux Etats Unis des gens qui ne sont pas dupes, malgré nos préjugés d'européens (moi le premier... tsssss). La preuve en image.

A la prochaine !

Par Nick - Publié dans : Et le Monde, dans tout ça ? - Communauté : Les blogs citoyens
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Jeudi 5 juin 2008

Je ne résiste au plaisir de "copier/coller" le point de vue de Zaïki Laïdi (Sc. Po) publié dans Libé de ce jour. Rien que le titre me plait déjà... parce que je pense la même chose et pour les mêmes raisons.

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KARL MARX ETAIT UN LIBERAL

Le libéralisme ne se résume ni en une phrase ni en un corpus canonique et homogène. Mais le point de ralliement du libéralisme c’est l’aspiration forte à l’émancipation de l’individu face aux tutelles de la famille, de l’Eglise ou de l’Etat. Or, selon l’époque et les situations, le sens donné à cette émancipation a changé, d’où les inévitables confusions ou anachronismes. Marx, comme le rappelle Pierre Manent, était libéral car il voyait dans la lutte des classes le moteur de l’autonomie du social face à un Etat au service des classes possédantes. Même la propriété publique des moyens de production a longtemps été combattue à gauche, de crainte de compromettre la classe ouvrière avec l’Etat bourgeois. L’identification absolue et théologique de la gauche à l’Etat a atteint son paroxysme en France dans les années 90, quand la défense de l’Etat s’est identifiée à la défense des statuts des fonctionnaires de l’Etat. D’où la conversion de la gauche radicale à la défense inconditionnelle de l’Etat et l’abandon de la thématique de l’Etat bourgeois. L’Etat devient alors le rempart contre le marché.

Ceci étant, la synthèse entre socialisme et libéralisme a été historiquement très limitée car elle a buté sur l’articulation entre libéralisme culturel d’une part, et libéralisme économique de l’autre. Il y a bien sûr eu ici ou là des tentatives de synthèse idéologique, mais elles sont restées toujours modestes. Avec le libéralisme culturel, la gauche a entretenu une relation assez forte, surtout après Mai 68. C’est au travers de l’émancipation culturelle des individus face aux codes moraux de l’autorité familiale et religieuse que la gauche non communiste des années 70 s’est développée. C’est aussi à gauche qu’est née la revendication pour la parité homme-femme ou la lutte contre les discriminations sexuelles. Mais à mesure que la gauche se montrait culturellement libérale, elle se construisait une identité antilibérale sur le plan économique, le néolibéralisme étant alors assimilé à la dérégulation et à la marchandisation. Le problème est que cette dichotomie entre libéralisme culturel et libéralisme économique devient de plus en plus difficile à maintenir, car l’appropriation collective des moyens de production n’est plus au cœur du projet de la gauche. De surcroît, les logiques d’individualisation des préférences et des choix coïncident aussi avec l’avènement d’une réalité socio-économique où l’individualisation des tâches et des métiers, ainsi que la flexibilité du travail, deviennent prépondérantes. C’est cette fluidité entre libéralisme économique et libéralisme culturel qui contraint la gauche à repenser son rapport au libéralisme. Or, c’est cette nouvelle donne que la gauche ne sait plus gérer. De ce point de vue, le fait que le maire de Paris se fasse l’avocat d’une synthèse politique entre socialisme et libéralisme n’est pas un hasard. Il mesure que les demandes sociales sont complexes, multiples et individualisées. Et que, face à cela, le socialisme à la Robin des Bois véhiculé par la LCR est inopérant, même si la redistribution jouera un rôle essentiel et continuera à diviser la droite et la gauche. A partir de là, quels sont les axes autour desquels la gauche peut continuer à être prioritairement au service des plus vulnérables et non pas apparaître comme le premier syndicat des fonctionnaires ?

Etre libéral et seulement libéral, c’est créer des parcours sans se soucier des conditions concrètes de réalisation de ces parcours. Etre social et libéral, c’est accompagner les parcours de garanties crédibles. Remplacer le parcours par le statut, ce n’est pas seulement remplacer un mot par un autre, troquer de la garantie contre de la précarité. C’est prendre en compte la diversité des individus, la diversité des tâches, leur constante évolution. Or, si le système étatique est en crise profonde de confiance et de légitimité, c’est précisément parce que la garantie statutaire ne suffit plus aux individus. Ceci d’autant plus que l’Etat est probablement un des plus mauvais gestionnaires de ressources humaines. La deuxième convergence entre socialisme et libéralisme passe par l’abandon de la dichotomie dépassée entre l’Etat et le marché. Voir dans l’Etat le représentant du seul bien public et dans le marché son ennemi ne correspond plus à la réalité du monde. L’Etat peut défendre des intérêts catégoriels contraires au bien public. De la même manière que le marché peut créer du bien public dès lors qu’il est encadré par des règles strictes. Le succès spectaculaire du Vélib illustre bien le mariage entre un quasi-bien public - le vélo - et un acteur privé. Or, pour dépasser cette contradiction, il faut à tout prix que la gauche s’approprie la logique de la concurrence et de la compétition qui sont des instruments puissants de lutte contre les rentes. Les lois Royer, Galland et Raffarin ont cherché à protéger le petit commerce contre les grandes surfaces. La réalité est qu’elles ont renforcé la cartellisation sans précédent de la grande distribution, faisant de la France un des pays d’Europe où les baisses sont très rarement répercutées. Qui peut donc nier que plus de concurrence réduira les prix en ouvrant davantage le marché ? Etre favorable au marché, ce n’est pas troquer plus d’efficacité contre plus de justice sociale. C’est, au contraire, éviter la construction de rentes de situation qui profitent à ceux qui sont en place au détriment de ceux qui cherchent à y entrer. C’est pourquoi, partout où les individus se trouvent dans des conditions de départ à peu près identiques, les valeurs de compétition et de concurrence doivent devenir des valeurs de gauche.

Dès que l’on sort des caricatures et des simplifications, il existe d’indéniables possibilités de synthèse entre la gauche et le libéralisme, tout en sachant qu’elle ne sera jamais facile. Mais en définitive, le problème n’est peut-être pas là. Il est entre une synthèse pensée et revendiquée, et une autre qui serait pratiquée dans la clandestinité sans être jamais assumée.

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Comme j'avais pu l'indiquer dans un commentaire laissé sur le blog de Marc Vasseur, qui avait alimenté ce débat, il y a aussi une gauche libertaire, qui n'aime pas l'Etat, ou à tout le moins qui ne le considère que dans un sens utilitariste, lui préférant l'ingénièrerie sociale.

L'important, ce ne sont pas les mots: c'est ce qu'ils recouvrent.

A la prochaine !

Par Nick - Publié dans : A la recherche de la gauche perdue - Communauté : Social-démocratie
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Lundi 2 juin 2008
Alors la nouvelle AFP du jour, façon Frédéric Lefbvre, ça devrait être quoi ?

"N'écoutant que son courage, SarkoLéon est allé à Bruxelles demander à l'Europe, le machin, là-bas, d'accepter une baisse de la TVA sur les carburants, pour permettre aux pauvres prolétaires français, mais aussi à nos braves routiers et nos gais marins-pêcheurs de continuer à travailler plus pour gagner plus. Las, les technocrates bruxellois ont refusé... Français, françaises, sachez que not' Président a fait tout ce qui était en son pouvoir ! Gloire à lui !"

Je rêve ? Un peu. Il oserait pas aller jusque là, le nouveau Goebbels de l'UMP. Mais bon, on n'en est pas loin. Mais la vérité c'est quoi ? Vous la voulez ? Je vous la livre: Sarko est... CONTENT que la TVA sur les carburants ne baisse pas.

Quoi ? Comment ? Mais non... MAIS SI ! Je vous explique, pas besoin d'avoir fait math-sup/math-spé pour piger la manoeuvre. On est prêt ? Let's go.

Acte 1- Le pétrole augmente. Même si la vigueur de l'Euro amoindrit la hausse, l'essence et autres carburants augmentent à la pompe.

Acte 2- Si l'essence augmente, les recettes fiscales perçues par l'Etat augmentent aussi.
Pas la TIPP (Taxe Intérieure sur les Produits Pétroliers): elle est fixe selon le volume vendu, quel que soit le prix de base du carburant.
Mais la TVA oui, puisqu'elle est un pourcentage du dit prix de base. Si celui-ci augmente, le produit de la TVA augmente tout autant, parce que TVA x 100 est inférieur à TVA x 110, 120, 150, etc... Simple.

Acte 3- Les français râlent devant l'augmentation. Aie !! Que faire, aurait dit Lénine ? Agir sur les cours du pétrole ? Soyons sérieux... Solution: baissons les prélèvements fiscaux de manière concomittante à la hausse du prix du produit de base, pour amoindrir son impact, ou à tout le moins s'assurer que les recettes fiscales n'augmentent pas, elles. Un système de vase communiquants.

Acte 4 - Oui, mais bon, baisser les recettes fiscales, c'est augmenter les déficits publics... et comme la situation n'est guère brillante - la France est l'un des mauvais élèves de la classe "Europe" - vu les 15 milliards de cadeaux faits essentiellement (allez, à 90%) aux plus riches, on ne peut pas. C'est même bien que l'Etat gagne PLUS en fait... Que faire, donc, pour ne pas baisser les recettes fiscales tout en faisant croire que c'est impossible ?

Acte 5- Fastoche: faire porter le chapeau à Bruxelles. Ah, Bruxelles, l'Europe... Si elle n'existait pas, il faudrait l'inventer, hein ?
     Scène 1 - Baisser la TIPP pour compenser tant la hausse du produit de base que celle mécanique de la TVA ? Ce serait faisable, une bête règle de 3 de niveau BEPC, avec une TIPP flotante de type de celle mise en oeuvre sous Jospin et annulée.... par le gouvernement Raffarin dès 2002 (une des premières mesures prises, parce qu'il fallait déjà à l'époque couvrir des cadeaux fiscaux). Alors on lance la meute des représentants de l'UMP - Kociuscko Morizet hier sur la 5, Copé ce matin à France Inter, qui nous expliquent que ce n'est PAS possible tout en étant incapables d'expliquer pourquoi...
     Scène 2 - Non, chers concitoyens, la seule solution c'est la TVA... mais ça dépend de Bruxelles, hein, pas du gouvernement, ok ? On va demander à Bruxelles. Accompagnons not' Président de nos prières !

Acte 6- Bruxelles refuse, bien entendu... parce que les autres Etats membres n'ont pas envie de mettre en péril leurs propres recettes pour faire plaisir à la France qui gère mal ses finances. Bouh, vilains européens, na !
Mais en attendant, les français vont continuer à payer et les recettes vont rentrer ! Bien jouééééééééééééééé ! Et vivent les larmes de crocodile de l'UMP ! 

Moralité: la politique, c'est aussi l'art de prendre les gens pour des idiots. On est gâté en France ! Très...

A la prochaine.

PS: par ailleurs, ça confirme quand même le ridicule d'une harmonisation de la TVA au niveau européen SANS harmonisation de la fiscalité patrimoniale et des politiques sociales (et leurs coûts). Mais ceci n'explique pas que les prix augmentent à la pompe: nous, les zeurocrates, on n'y est pour RIEN ! Pas d'bol pour VOUS !
Par Nick - Publié dans : Politiquement français - Communauté : Social-démocratie
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