Des primaires à gauche ne résoudront pas la crise identitaire et programmatique que traversent les progressistes français et européens.
Certes, si l'on se réfère aux Etats Unis, c'est une manière de confronter des idées différentes et de sélectionner celles portées par un homme. Oui, Obama a su même par ce biais réorienter les
positions du Parti Démocrate et le comportement de ses élus sous les années "Bush": il suffit de mesurer le changement d'attitude des Sénateurs et Congressistes démocrates sur la question du
Proche et du Moyen-Orient pour mesurer à quel point primaires et élections peuvent bouleverser la donne.
Mais structurellement, les Etats-Unis fonctionnent sur ce mode depuis plus de 200 ans, et leurs partis politiques sont structurés organisationnellement et intellectuellement de cette manière
(ils ne sont que des machines électorales, le débat d'idées leur étant extérieur sauf le temps des primaires). Et conjoncturellement, la révolution Obama n'aurait sans doute rien été sans la
tentative d'Howard Dean en 2004 et son impact sur de nouveaux électeurs très progressistes via le net, les inconséquences de Georges Bush et la crise économique.
Avant de faire des primaires pour désigner le candidat pour 2012, il faut d'abord résoudre la crise d'identité de la gauche française (et européenne, car le problème est le même) - et je ne peux
que conseiller la lecture du dossier de Libération d'hier et les interventions de
- Gilles Finchelstein (http://www.liberation.fr/monde/0101572816-il-doivent-retrouver-l-audace-d-adopter-des-positions-courageuses),
- Marc Lazar (http://www.liberation.fr/monde/0101572812-la-gauche-se-reposait-sur-ses-lauriers),
- Massimo Cacciari sur l'Europe et l'impasse Tony Blair (http://www.liberation.fr/monde/0101572817-il-n-y-a-pas-de-leaders-en-europe)
- et Nils Diederich (http://www.liberation.fr/monde/0101572818-une-couche-sociale-en-voie-de-disparition).
Il faut ouvrir porstes et fenêtres de la maison pour l'aérer et éventuellement l'agrandir, être humble, faire des Etats généraux à qui souhaite y participer, sans en écrire les conclusions à
l'avance et sans prétendre les dominer, sans jeux d'appareil et sans tabou idéologique, et voir à cette occasion émerger de nouvelles têtes et qui sait, peut-être, de nouvelles
organisations.
Car faire des primaires - pas même à gauche, juste au PS s'il en décide seul - sans résoudre d'abord cette crise lanscinante, ce ne serait que désigner celle de ses écuries qui tirera le
corbillard.
PS: comme indiqué à l'occasion d'une entrée sur Lisbonne, je n'ai pas voté socialiste. Question de cohérence. Et j'en suis très content.
tutafé d'accord : des primaires ne serviront à rien voire desserviront encore le PS au niveau de l'image !
je ne sais pas si des primaires desserviraient le PS. Je dirais plutôt que des primaires creuses donneraient encore plus (et définitivement en ce qui me concerne...) l'envie d'aller voir ailleurs.
Car le véritable problème, c'est le contenu, le projet, un problème quio dépasse la sociale-démocratie française. Les primaires,à ce stade, sans avoujr abordé et résolu d'abord ce problème, ce n'est qu'un gadget pour jeunes ambitieux (les nouveaux quadras qui veulent chiper leur place aux anciens quadras)